Quels que soient votre niveau de tolérance, votre bonne éducation ou votre performance en yoga, je vous mets au défi de pouvoir rester longtemps aux côtés d’un individu qui n’a pas changé de vêtements, de dessous ou de chaussures (particulièrement les tennis) depuis quelques jours… ou qui a… oublié de se brosser les dents ! Vous vous êtes sûrement aussi, à ces moments-là (en prenant la fuite), posé la question : « Suis-je le (la) seul(e) à avoir un nez ? » Quelles causes ont mené à ces effets là ? Devez vous parler au coupable ou feindre de n’avoir rien senti ?

Prendre soin de soi est une responsabilité à la fois individuelle et sociale. De bonnes pratiques d’hygiène (se brosser les dents régulièrement et visiter le dentiste, utiliser des déodorants, bien laver toutes les parties de son corps et bien les essuyer) garantissent non seulement une bonne santé, mais aussi facilitent de meilleures relations sociales.

Certains individus sont tout simplement coupables de négligence et peu soucieux de leur apparence ou de leur personne. Ils ne se brossent pas les dents, ne font pas de visites ponctuelles chez le dentiste, n’utilisent pas de déodorant, ne se baignent pas, ne s’essuient pas soigneusement les pieds. Toutes ces négligences peuvent, bien sûr, générer de mauvaises odeurs corporelles. Le problème peut aussi être occasionnel. Citons par exemple la mauvaise haleine liée à ce que l’on consomme (oignons crus, ail, piments, fromages, protéines, harengs, alcool, etc.). Dans ce cas, il est conseillé sur le moment de se brosser les dents et d’utiliser le bain de bouche, et sur le long terme de diminuer la consommation des produits causant la mauvaise haleine. Mais les mauvaises odeurs corporelles peuvent également traduire un problème physiologique sérieux ou des situations pouvant être contrôlées ou traitées par la médecine, par exemple des maladies du foie, reflux gastrique, déshydratation, halitose, etc. Dans ce cas, le sujet présente un problème pathologique et on ne peut pas considérer sa mauvaise odeur corporelle comme un choix de vie mais relevant de problèmes physiologiques souvent majeurs nécessitant une prise en charge médicale.

Quelle que soit l’origine du problème, dégager de mauvaises odeurs corporelles, quand on le sait, est gênant. Mais l’essentiel n’est pas de s’exclure soi-même et de se blâmer pendant toute une vie. Il FAUT CHERCHER DE L’AIDE. Il importe d’identifier le problème, ensuite en parler à une ou des personnes dignes de confiance qui sauront vous aider à améliorer votre situation.

À vous autres qui constatez le problème chez quelqu’un d’autre, c’est tout autant gênant pour vous. Dans une assemblée on peut toujours profiter du moment de la collecte des offrandes pour aller s’asseoir ailleurs ; dans une salle de classe on peut changer de place ; mais comment faire sur le lieu de travail ? Comment gérer un client ? Comment poursuivre une relation avec un être cher ou une personne excessivement affectueuse ou familière ? C’est simple, il faut l’aider. Si vous vous sentez trop gêné(e) pour vous adresser directement à la personne, parlez-en à d’autres personnes qui lui sont suffisamment proches pour aborder la question avec elle. Et surtout, évitez les reproches, les grimaces et les esquives indiscrètes.

Le bien-être individuel et collectif étant essentiel pour des relations harmonieuses, il convient à chacun de contribuer au bien-être de l’autre.

Aux uns de savoir utiliser les propos adéquats pour ouvrir les yeux (et l’odorat) des autres sur leurs problèmes, et aux autres de rester ouverts aux remarques qui ne visent qu’à les aider à adopter des pratiques utiles et profitables, comme celle, entre autres, de visiter régulièrement son médecin.

Myria Charles