Une relativement récente préoccupation potentielle chez les parents haïtiens: l’administration de l’école fréquentée par leur enfant leur réclame une rencontre. La direction estime que leur enfant semble présenter les signes d’un Déficit d’Attention.

Quand le professeur ou le psychologue évoque un trouble de l’attention, nos souvenirs se dirigent tout naturellement vers un ou deux camarades de classe qui se retrouvaient toujours au centre d’une certaine agitation et qui écopaient de toutes sortes de punitions infligées à l’époque. De nos jours, les instituteurs sont plus compétents de détecter certains signes d’un déficit d’attention chez les enfants qui leur sont confiés et de comprendre que l’enfant ne peut plus être simplement qualifié de « dezòd ».

Qu’appelle-t-on le déficit d’attention ?

Le déficit d’attention

Le Déficit d’Attention est une affection neurologique qui se manifeste par une difficulté chez l’enfant à contrôler son niveau d’activité et ses réactions, par rapport à son environnement. L’enfant aura également des difficultés à maintenir son attention sur ce qu’il veut faire. Par exemple, en classe, il aura des difficultés à faire ce que lui demande l’instituteur et se verra souvent rappelé à l’ordre. A la maison, il aura des difficultés à finir de s’habiller, alors qu’il en est parfaitement capable, parce que, son maillot à moitié enfilé, il s’est mis à jouer avec son petit camion.

L’hyperactivité.

Le trouble d’attention avec hyperactivité, comme le nom le mentionne regroupe les mêmes symptômes d’un trouble d’attention mais on y retrouve l’hyperactivité qui affecte le côté moteur chez l’enfant. Effectivement, cet enfant ressemble très souvent à un moteur qui marche sans arrêt (mouvements physiques incontrôlables, incapacité à rester tranquille même quand il le devrait). L’hyperactivité peut donc accompagner les symptômes du Déficit d’Attention, mais elle ne constitue pas un élément obligatoire de ce trouble. L’enfant souffrant de Déficit d’Attention et qui est aussi hyperactif parlera beaucoup sans pouvoir s’arrêter. Quand il joue, tout le monde le saura, car il reste bruyant pratiquement tout le temps que durera son jeu même solitaire.

À l’hyperactivité s’ajoutera peut-être l’impulsivité quand l’enfant n’arrive pas à attendre son tour, interrompt les autres pour émettre des avis incontrôlés et souvent inappropriés.

Quels sont les principaux symptômes du déficit d’attention ?

Les symptômes.

L’enfant souffrant de Déficit d’Attention rêvasse en classe. Il a des difficultés à se concentrer sur ce qu’on lui dit et oublie les choses comme les instructions. Il perd ses affaires les plus importantes pour lui-même et semble être plutôt désobéissant aux règles de la classe. C’est qu’en fait, il a oublié l’ordre donné, ceci sans aucune malice de sa part.

Une certaine confusion.

Il est difficile de diagnostiquer le Déficit d’Attention chez un enfant âgé de moins de 4 ans puisque, à cet âge, l’enfant a une propension naturelle à être très actif. Cependant, le diagnostic est souvent posé à l’âge de 7 ans, puisque c’est l’âge scolaire. En effet, il est recommandé de donner le temps à cet enfant d’évoluer dans un cadre plus structuré (comme la première année du primaire) pour voir comment qu’il évolue avant de poser un diagnostic. D’ailleurs, si vous êtes le parent d’un enfant de moins de 7 ans, vous savez que tous les symptômes décrits plus hauts font partie intégrante du comportement normal d’un enfant de cet âge. Simplement, cette manière de faire est beaucoup plus prononcée chez un enfant souffrant de déficit d’attention, le mettant souvent dans des situations physiquement et socialement embarrassantes, possiblement doublée d’une hyperactivité et d’une impulsivité sortant de l’ordinaire.

Le trouble d’attention avec ou sans hyperactivité nous touche tous. Nous devons pour mieux encadrer nos enfants être à l’écoute sans nécessairement poser des diagnostics à tort et à travers. Si vous avez des soupçons de présence d’un trouble d’attention chez votre enfant, parlez-en d’abord à son enseignant(e) qui sera le (la) mieux placé(é) pour renforcer ou apaiser vos inquiétudes puisqu’il (elle) passe plus de temps dans un milieu structuré avec votre enfant. Si ce dernier vous en parle d’abord ou partage vos inquiétudes, n’hésitez pas à contacter un professionnel qui puisse non seulement poser le diagnostic, mais aussi donner à votre enfant l’encadrement nécessaire pour apprendre à mieux gérer son trouble. Il vous faut savoir qu’un diagnostic de trouble d’attention n’est pas une sentence de mort. Ce n’est pas une maladie qui disparaît, mais les enfants avec TDA/H apprennent à vivre avec ce trouble et deviennent des adultes bien équilibrés. Il faut tout de fois leur fournir tout l’encadrement et le support nécessaire.

 Nastassia Colimon